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Le merdier institutionnel
Posté le 20 mai, 2012 Pas de commentaires
Ce ne sont pas les institutions qui sont inhumaines, c’est le système institutionnel.Un système très sarkozyste, en modèle réduit. Un mélange d’exploitation, de démagogie, de mépris, d’irrespect et d’irresponsabilité à l’encontre des résidants, avec parfois des oasis d’humanité véritable (quand même, mais ces oasis sont beaucoup trop congrus). Malgré les lois du 2 mars 2002 et du 11 février 2005, nos institutions, l’accompagnement à la personne en général, carburent toujours à la culture de l’assistanat : charité bien ordonnée…, penser et décider pour, sécurité avant tout, etc. ; un système où les professionnels continuent à être au centre, si ce n’est pas être le nombril… Et les personnes « assistées » à la périphérie, à la marge…
Si les Français, si tous les Français savaient ce qui se trame à l’intérieur de bon nombre de maisons de retraite et autres maisons d’accueil spécialisé [MAS], des soi-disant foyers de vie…
Mais pourquoi s’en inquiéter ? Tous ces agissements sont protégés (comme les ateliers du même nom…), et bien protégés, par la peur de perdre son emploi, d’être renvoyé de l’institution, par de l’égoïsme irresponsable, etc. L’omerta protège si bien ce milieu « humanitaire » hermétique aux néophytes et à la morale poreuse − très longtemps sous la houlette de congrégations religieuses ; le Charity bizness continue à suppurer dans ces murs −, qu’il y a bien peu de sanctions comparées à tous les « dérapages » humains quotidiens qui pourraient être signalés dans l’Hexagone. C’est atterrant, intolérable, et pourtant cela dure. Personne, ou si peu de personnes, ne bouge, ne moufte, ne dénonce ce scandale, ce déni d’humanité légal, puisque « qui ne dit mot consent ». De temps en temps, un ministre ou un secrétaire d’État commande un rapport ou une enquête, après un scandale un peu plus retentissant que la moyenne. Et après ? Pour quel résultat ? Combien de temps va-t-on continuer à laisser nos « vieux » et les « handicapés » être maltraités, dans des nids à vipères souvent situés à côté de nous, dans notre voisinage, sans rien dire ?
On ne compte plus les infractions au code du travail, à la loi du 2 mars 2002 et du 11 février 2005. Qui s’en soucie vraiment ? À part les trop insuffisants bons professionnels ? Que fait la Ddass ? Quant aux gouvernements, à part des lois ou des décrets pour se donner l’illusion d’agir, car elles ne sont pas ou mal appliquées ou pas efficaces, que font-ils de vraiment concret pour que cesse cette maltraitance quotidienne abjecte qui ne dit pas son nom, et se justifie derrière des manques de moyens, des sous-effectifs chroniques, des emplois sous-payés, etc. ?
Le milieu du médico-social est esclavagiste, avec l’aval des politiques. Tout comme il est maltraitant avec l’aval des mêmes politiques et des fonctionnaires d’État. Car rémunérer au SMIC ou à peine plus des professions aussi exigeantes psychologiquement et affectivement que physiquement, c’est honteux et ne peut attirer qu’une population sans conviction, sans vocation, sans intérêt réel pour ces métiers éminemment humanistes et humanisants. Or, c’est généralement l’État qui fixe la grille des salaires de ces professionnel(le)s exploité(e)s de façon indécente ; pourquoi payer mieux ce qui continue à relever de la charité et du sacerdoce dans nos esprits sclérosés, tant qu’il n’y a pas de soulèvement généralisé ?
Par exemple, les auxiliaires de vie sont condamnées à des situations de précarité indignes : le travail à domicile, généralement assumé par des femmes, souvent seules ayant des enfants à charge, subissant des conditions de travail inimaginables (liées aux particularités de ce travail à domicile et à l’incompétence ou au mépris de nombre d’employeurs, des associations très souvent) et aux salaires fluctuants (leur salaire est en moyenne de 900 €, en fonction des heures qu’on leur attribue, voire moins), est éprouvant à tous points de vue et absolument pas reconnus.
D’une certaine façon, je suis tombé dans ce milieu par la force des choses, comme Obélix dans sa marmite. Je suis passé et j’ai expérimenté toutes les formes d’accompagnement à la personne, dans tous les milieux et sous toutes ses formes. J’ai vu et j’ai vécu le meilleur et le pire. Depuis dix ans, je parcours la France, je regarde, j’écoute, je vois, j’entends, on m’invite, je visite des institutions, on me sollicite pour mon expérience spécifique, j’analyse et j’écris, je partage mon expérience. Je n’invente rien et je n’exagère absolument rien, contrairement à ce qu’aimeraient croire certains, quand ils ne le clament pas ouvertement sur un ton offusqué, scandalisé.
Ça vous dirait, à vous, d’avoir une couche pour ne pas pouvoir vous masturber, d’être levé et lavé sans vous demande votre avis, que l’on vous impose vos vêtements, que l’on vous décrotte mal, que l’on discute avec sa collègue tout en vous donnant à manger, que l’on vous sépare de votre conjoint ou conjointe, que l’on traite de « vieux cochon » ou de « vieille cochonne » car vous avez « encore » des envies sexuelles, du désir, à « votre âge », que l’on donne une bouffe dégueulasse, etc., alors n’hésitez pas, finissez vos jours dans une maison de retraite. C’est ainsi que l’on traite les lieux dans le pays des droits de l’Humain. Je ne dis pas que c’est facile et que c’est simple, que les personnes âgées sont adorables, mais il ne faut pas s’engager dans un travail aussi spécifique, humaniste et humanisant, que celui de l’accompagnement à la personne si l’on accepte d’assumer de telles maltraitances sans états d’âme, comme si l’on travaillait avec des machines ou des « légumes ». C’est d’autant plus difficile de travailler dans ce milieu que le maître mot est rentabilité, et profit… J’ai eu vent d’un directeur responsable de trois maisons de retraite, bénéficiant d’un appartement et d’une voiture de fonction, et traitant son personnel comme de la merde, ne se souciant donc absolument pas des conditions de travail et de l’ambiance infectes qui règnent dans les établissements, au détriment des résidants évidemment.
Et ce n’est guère plus reluisant dans le milieu du handicap, dans la majorité des « foyers de vie » pour personnes en situation de handicap. Cela vous dirait d’être puni de cigarettes ou de café, alors que vous êtes majeurs (sous prétexte que la punition est un moyen éducatif (!) pour les personnes déficientes mentales), d’être ligoté sur une cuvette de WC, le pantalon et la couche entravant les pieds, car vous vous masturbiez de façon compulsive (vous avez 13 ans), d’être bourré de médicaments pour éteindre votre libido, d’être séparé de la personne que vous aimez car cela fait désordre dans l’établissement, de ne pas avoir droit à un lit double sous le prétexte fallacieux de manque d’espace, d’être lavé comme un objet, que votre sexualité soit niée, que vous soyez habillé comme un sac, que votre intimité ne soit pas respectée, que votre projet de vie soit négligé voire ignoré, etc., alors dépêchez-vous de trouver une place dans une institution ou de vous faire « prendre en charge » par un service d’aide à domicile, vous ne serez pas déçus du voyage.
Comment peut-on cautionner de tels dénis d’humanité quotidien, constant ? Beaucoup de belles paroles et de belles promesses, la main sur le cœur et le portefeuille entre les deux : État et institutions même combat, même obsession : le fric, et après, éventuellement, le bien-être des personnes. Nous sommes dans une politique du gardiennage qui dit pas son nom. Ou tout le monde est complice sur le dos des « pauvres vieux » et des « pauvres handicapés ». Et après on s’étonne que certains de ces « pauvres » soient odieux (je ne les défends pas mais qui sème l’irrespect peut récolter la colère).
Le problème de l’accompagnement n’est pas simple, et le coût en est élevé pour les collectivités, mais il y a des solutions qui ne coûtent rien que du bon sens, une vraie éthique, de la solidarité, du dialogue, du respect, de l’innovation et une volonté commune. Je suis prêt à le démontrer. Je suis aussi conscient que ce n’est pas toujours la direction qui est blâmable face à certaines dérives ; comment voulez-vous faire avec des brebis galeuses dans votre personnel et l’impossibilité de les licencier pour diverses raisons ?
Mais par-dessus tout, dans le milieu de l’accompagnement à la personne, il y a un manque crucial d’amour, d’empathie, de considération et de conviction ; d’autant que les écoles de formation et les obsédés de la vieille école continuent à prôner une distance professionnelle totalement nonsensique pour des métiers reposant principalement sur l’affectif. On peut se « protéger » autrement qu’en se réfugiant dans une distance professionnelle déshumanisante et réifiante. Il est urgent d’adapter ces formations à l’évolution culturelle qui en marche depuis le début du millénaire en matière d’accompagnement des personnes − à la demande de Philippe Bas, alors ministre délégué aux personnes handicapées, j’avais fait un rapport, paru par la suite chez Dunod, en 2006, et intitulé Former à l’accompagnement des personnes handicapées, relatif à la problématique de la formation des accompagnants ; il m’a été payé 10 000 € et a fini dans les archives, comme la plupart des rapports commandés par les gouvernements successifs.
Il y a du pain sur la planche mais ce n’est pas sans espoir, à condition de le vouloir, d’avoir la foi. De s’entourer de personnes motivées et profondément humaines. Et que l’État respecte ses engagements, ce qui n’est fréquemment pas le cas en matière de politique sociale et de santé. Mieux, qu’il injecte davantage de moyens dans la politique de soins et d’accompagnement afin d’améliorer les conditions de travail et le mieux-être des personnes accompagnées ; c’est le prix de la bientraitance que tout le monde prône avec grandiloquence.
Pendant les cinq dernières années, les domaines du social, de la santé et de l’humanitaire ont été la cinquième roue du carrosse sarkozyste. Que vont-ils devenir maintenant ?
Marisol Touraine, ministre de la Santé, entourée de deux ministres déléguées, l’une « en charge » des personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, et l’autre des personnes âgées et de la dépendance, Michèle Delaunay. Du sang nouveau, c’est très bien. Mais aucune ne semble maîtriser les dossiers « handicaps » et « personnes âgées » (même si la dernière est médecin) ? Ce qui n’est pas nouveau à ces postes de responsabilité. Donc tout va dépendre de leur cabinet et de leur courage.
À ce sujet, la première question que je me pose est : vont-elles mettre des personnes en situation de handicap à des postes de responsabilité ? Les paris sont ouverts.
Et que vont-elles faire de plus et de mieux que leurs prédécesseurs ? Les hôpitaux sont en lambeaux, le système de santé est en friche, le plan Alzheimer a caché l’état déplorable de l’accompagnement des personnes âgées et l’augmentation cache-misère de l’AAH [allocation aux adultes handicapés] a servi de caution morale pour démanteler la politique du handicap.
Autres interrogations majeures : les personnes âgées vont-elles enfin pouvoir bénéficier de la PCH [prestation de compensation du handicap], comme cela aurait dû être le cas depuis 2010, si Sarkozy et ses sbires avaient respecté le calendrier de la loi du 11 février 2005 − mais comme Sarkozy aura été le roi des promesses en l’air… ? Ou la crise va-t-elle encore une fois justifier l’injustifiable, l’abandon des « vieux » à leur triste sort ? C’est vrai quoi, qu’est-ce qu’ils ont à être dépendants et à survivre aussi longtemps ?
Quant à Madame la ministre de la Santé, aura-t-elle le courage de s’opposer aux lobbys infirmiers afin de faire appliquer l’Article 9 de la même loi, intitulé Délégation des gestes de soins ; des centaines, peut-être des milliers de personnes vivant à domicile sont quotidiennement en danger du fait de cette obstruction irresponsable à la loi ? Sera-t-elle prête à mener des concertations autour de l’idée d’un minima social unique, donc plus juste, à mes yeux ? Va-t-elle encourager la reconnaissance et la mise en place de l’accompagnement en milieu hospitalier, pour le plus grand bien de toutes les parties prenantes (personnes « handicapées » en situation de dépendance vitale et personnel hospitalier) ? Va-t-elle décider de faire rembourser le Viagra aux personnes paraplégiques ou tétraplégiques, pour qui le droit au plaisir est un gouffre injuste − considérer, dans certaines situations, que c’est un médicament de confort est scandaleux, alors qu’il relève de la compensation d’un handicap ?
Et la ministre déléguée chargée des Personnes handicapées aura-t-elle l’intelligence et le courage de changer le statut de l’AAH en la rendant cumulable et imposable ? Aura-t-elle le courage et l’ouverture d’esprit nécessaire afin de légaliser l’accompagnement sexuel en France ?
La plupart de ces mesures ne coûtent rien, si ce n’est de la volonté, de la détermination et une certaine intelligence, toute chose qui ont beaucoup manqué durant le quinquennat le plus lamentable de la Ve République.
Quoi qu’il en soit, personnellement, je ne lâcherai rien sur la politique sociale française. Je suis tenace et obstiné… Je veux une authentique justice sociale.
C’est un honneur d’être ministre, mais pour qui ? Pourquoi faire si la justice sociale ne sera pas au rendez-vous après les législatives (avant, il n’y aura pas de décision majeure) ?
Après, je les attends au tournant.
À bientôt
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Le roi est mort, vive le roi… déjà injuste…
Posté le 15 mai, 2012 Pas de commentairesUn Français sur cinq avait voté pour Marine Le Pen au premier tour ! C’est une claque retentissante.
C’est dire que la France va de plus en plus mal dans sa tête. Marine Le Pen a gagné son pari haut la main en faisant mieux que son père en 2007. Et Nicolas Sarkozy a perdu le sien. Il voulait siphonner du côté de l’extrême droite, c’est l’extrême droite qui l’a siphonné au premier tour, comme elle a pris des voix à Bayrou et à Mélenchon. Et « l’extrême droite », pas rancunière, a massivement voté pour Sarkozy au second tour, les résultats en Alsace l’attestent déplorablement. Comme les résultats sur Strasbourg montrent que la bourgeoisie a largement soutenu son bienfaiteur quinquennal. Pauvre France ! Ils ont failli faire gagner leur poulain et nous imposer cinq années supplémentaires d’arrogance, d’injustices sociales et de mépris de l’autre, du voisin, du soi-disant « étranger » qui bouffe à notre râtelier et est la cause de tous nos maux, de sa politique bling-bling, égocentrique de beauf friqué et pervers.
Cela me rappelle la menace de mort que j’ai reçue, il y a 10 ans, par lettres anonymes. Le mec regrettait que je n’aie pas fini dans un four crématoire et d’autres joyeusetés du même acabit nostalgique de la folie nazie. Pourquoi ? Car je venais d’obtenir de haute lutte, après deux grèves de la faim, une subvention qui deviendra, sous Jacques Chirac, la PCH [prestation de compensation du handicap]. Le type avait lu un article dans les DNA [dernières nouvelles d'Alsace] racontant ma victoire, celle du pot de terre contre le pot de fer, et il avait compris que la subvention, d’environ 100 000 € annuels, était pour ma pomme, pour mener la belle vie aux frais de la princesse, c’est-à-dire des contribuables, par conséquent de lui entre autres. Alors qu’elle est exclusivement destinée à rémunérer des accompagnants professionnels qui m’accompagnent jour et nuit, donc à créer des emplois spécialisés, ce qui montre le niveau intellectuel de ce genre d’olibrius extrémiste.
Quand l’Alsace basculera-t-elle franchement à gauche ? Quand cessera-t-elle d’être conservatrice et droite dans ses bottes ? Aurais-je un jour la chance de vivre ce cataclysme novateur ? Je crains que non. Seulement quelques grandes villes (Strasbourg, Mulhouse) et quelques villes moyennes ont majoritairement une sensibilité de gauche, ce qui n’a pas empêché les électeurs de ces municipalités socialistes de voter pour… Nicolas Sarkozy ; comme quoi l’on n’est pas à une contradiction près.
François Bayrou, c’est la deuxième grosse claque du premier tour. Il s’est effondré par rapport à 2007. Trop de réalisme tue l’espoir et sans espoir pas d’avenir, pas d’éclaircie possible. François Bayrou s’est trompé de stratégie. Il a confondu rigueur et rigidité. Dommage. Par contre, en votant en faveur de François Hollande au second tour, il a fait un choix citoyen et stratégique intelligent. Il sera resté en accord avec lui-même, ses idées et ses convictions, ce qui n’est pas si fréquent dans ce milieu où l’on est prêt à vendre son âme pour un trône. Regardez la dérive droitière insensée et indigne de Sarkozy, juste pour rester au pouvoir. Chapeau M. Bayrou. Vous avez montré que vous valez mieux que ces socialistes bouffis de prétention qui vous ont lâché ; idem pour Mélenchon. Une fois de plus, ils ne se sont pas grandis…
Troisième claque du premier tour : la chute de Mélenchon dans la dernière ligne droite, se retrouvant loin, très loin derrière Le Pen. Certes, il s’est rallié à Hollande-l’ingrat mais que va-t-il faire maintenant ? Tout dépendra des sièges que pourra glaner le Front de gauche aux législatives. En attendant, Hollande a les mains libres pour mener sa politique comme il l’entend, pour le moment… Plus de SMIC à 1700 € bruts. Mesure emblématique autant qu’utopique ? J’aurais bien aimé voir quand même. Peut-être une autre fois ?
Toutefois, le plus inquiétant pour moi, dans cette élection, c’est que Mickey Bonaparte s’est obstiné dans son flirt indécent vers les électeurs du Front National et il a failli réussir. Il a perdu de peu, car de plus en plus de Français penchent dangereusement vers une politique d’exclusion et de « gendarmisation » délirante − 39-45 est décidément loin dans beaucoup d’esprits. Mais il a perdu tout de même. Contre un François Hollande dont la stratégie a été gagnante de bout en bout, contre toute attente. Et qui est désormais attendu au tournant. Pourvu qu’il ne fasse pas son Obama… Qu’il fasse preuve de courage, d’intelligence et d’innovation. Pourvu qu’il rétablisse une justice sociale, qu’il redonne de l’espoir aux plus démunis, qu’il remette le pays dans le sens de la marche citoyenne.
Et que fera-t-il dans le domaine du handicap ? Il n’y a pas grand-chose dans son programme à ce propos.
Son gouvernement va-t-il enfin faire appliquer l’article 9 de la loi du 11 février 2005, intitulé « Délégation des gestes de soins » ? Sept ans que les personnes en situation de grande dépendance vitale attendent que les gouvernements successifs arrêtent de baisser leur froc devant les lobbys infirmiers. Sept ans que l’irresponsabilité mercantile des infirmiers et infirmières libéraux met en danger des vies pour des prétextes fallacieux. Ce gouvernement va-t-il encourager et, par conséquent, généraliser l’accompagnement en milieu hospitalier ? Une avancée pour tout le monde. Ce gouvernement va-t-il enfin rendre l’AAH [allocation aux adultes handicapés] cumulable et imposable − il ne s’agit pas d’augmenter cette allocation mais de la rendre juste en permettant un cumul avec tous les revenus (aujourd’hui, on prend toujours en compte les revenus du conjoint pour la calculer ; mettant ainsi la personne « handicapée » sous tutelle totale, en quelque sorte ; il en résulte de fausses déclarations à la CAF, car c’est insupportable de dépendre à la fois physiquement et financièrement de la personne que l’on aime ; et, de fait, ce système inique fait des personnes « handicapées » des tricheurs) ? Ce gouvernement va-t-il enfin reconnaître l’accompagnement sexuel, le légaliser ? Toutes ces mesures sont essentielles et ne coûteraient rien à l’État, si ce n’est une once de courage politique.
François Hollande est pour le mariage gay, c’est parfait, mais il doit aussi être pour l’accompagnement sexuel et pour la reconnaissance de la prostitution volontaire et autonome. Ça fait beaucoup, me direz-vous pour des politiques, de droite comme de gauche, qui oublient d’avoir des couilles devant certaines corporations. Les paris sont lancés !
Ce gouvernement va-t-il comprendre l’intérêt qu’il y a à augmenter la PCH aide humaine [prestation de compensation du handicap] ? Quand les fonctionnaires et les politiques comprendront-ils qu’augmenter la PCH, c’est augmenter les auxiliaires de vie, les AMP, toutes les personnes travaillant dans le domaine de l’accompagnement à domicile ou en institution, c’est donc investir dans la relance de l’économie : car augmenter la PCH, c’est augmenter le salaire des accompagnants professionnels, donc augmenter leurs moyens d’existence, donc les inciter à davantage consommer et les amener à payer plus d’impôts et de charges sociales. Cela signifie que la PCH est un investissement étatique gagnant à moyen terme par l’augmentation du pouvoir d’achat de tous ces professionnels, encore faut-il avoir une vision plus large et ouverte de la politique économique. Il faut savoir donner pour recevoir. Il faut savoir dépenser pour gagner. De plus, cela encouragerait les vocations dans ce milieu médico-social et social qui draine le plus grand nombre d’employés et qui est toujours en sous-effectifs (n’oublions pas que le nombre de personnes en situation de dépendance est en constante progression).
De toutes façons, il est indécent de rémunérer au SMIC ou à peine plus, des professions aussi exigeantes, voire pénibles, et pleines de responsabilités ; c’est de l’exploitation, à quoi l’on peut ajouter l’esclavagisme institutionnel ; ce ne sont pas les institutions qui sont inhumaines mais le système institutionnel, idem pour les services d’aide à domicile.
En attendant, je ne voterai pas socialiste aux législatives. C’est minable, c’est scandaleux, que le parti socialiste, avec l’aval de François Hollande (forcément), mette des bâtons dans les roues de François Bayrou et de Jean-Luc Mélenchon. C’est petit. C’est inqualifiable.
On a effectivement mis sur le trône « moins pire » mais sûrement pas « mieux ». Les socialistes n’ont pas mis longtemps à le démontrer. Pauvre France. À peine au pouvoir, ils sont déjà imbus d’eux-mêmes. Gare au retour de bâton… Les législatives, ils ne les ont pas encore gagnés, les socialistes !
Le pouvoir se partage intelligemment, de façon politiquement intelligente. François Hollande aurait-il été élu sans les ralliements de Bayrou et de Mélenchon ? Quel manque d’élégance ! Que le projet de connerie congénitale ! Ces deux-là ne l’oublierons pas le moment venu. On les comprend.
Je vais donc voter pour le candidat du Front de gauche ou du MoDem.
L’espoir aura été de courte durée. Très courte. C’est déjà le temps des désillusions qui commencent, et ça vient tout juste commencé…
J’aurais préféré Martine Aubry à Jean-Marc Ayrault comme Premier ministre, pour des tas de raisons, notamment car c’est une femme, aux qualités reconnues (aux défauts aussi). Hollande en a décidé autrement. Hollande préfère les copains… C’est moins risqué…
Dommage. Vraiment.
Mais bon, les législatives ne sont pas encore gagnées… Contrairement à ce que pense certains socialistes aujourd’hui…
Vous imaginez Ayrault, le premier Premier ministre ayant refait ses bagages après seulement un mois à Matignon ? Je n’ose pas l’imaginer. Un nouveau cauchemar en prévision. Avec Alain Juppé ou peut-être… François Bayrou à la barre… Qui sait… Les Français adorent la cohabitation ! Ne l’oublions pas en cette période de campagne pour les législatives. C’est un conseil d’ami. Ni plus, ni moins.
Moi, oiseau de mauvais augure, vous plaisantez…
À bientôt
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En avant la musique…
Posté le 13 avril, 2012 Pas de commentaires
J’ai écouté deux chefs-d’œuvre absolus de Queen : Bohemian Rapsody et Another one bites the dust (un autre mord la poussière). La première chanson m’a fait penser à Mélenchon. La deuxième à Sarkozy. Une prémonition ou une illusion ? Nous le saurons bientôt.Quelle voix, Freddy Mercury ! De l’ordre du divin. Ce qui n’est pas le cas de nos hommes politiques. Comparé à Mélenchon qui a la voix virile et posée d’un orateur de talent, Sarkozy fait aboyeur rentre-dedans qui prend constamment les autres pour des cons, Bayrou est plutôt le professeur incompris et borné, Hollande doucereux et fluet dans son costume morne plaine qui parie sur la lassitude et Joly joue la mégère que l’on ne peut pas apprivoiser. Quant à Le Pen, c’est une terrible charmeuse d’extrême droite, donc dangereuse pour la démocratie.
Le problème, avec Mélenchon, c’est que l’on nous prédit que nous voterons pour une utopie politique bien plus que pour un réalisme politique, économiquement parlant. Tant pis. Je vote quand même pour lui. Pour le fun. Parce que je suis un utopiste réaliste. Et que je crois qu’il est possible de prendre un virage socio-économique en totale contradiction avec la rigidité, l’oppression morale, les pressions financières, la sinistrose ambiante et la misère endémique actuelles. Il faut croire pour oser. Il faut arrêter de nous brandir un abyssal déficit budgétaire pour nous raisonner, alors que les seuls responsables de ce désastre politico-économique ce sont les gouvernements qui se sont succédés depuis une dizaine d’années et leur incurie crasse. On ne peut pas impunément faire des cadeaux à ses amis les riches, les débordants de richesse, les dégoulinants de fric à ne pas savoir qu’en faire, et prétendre correctement gérer un pays ou essayer de nous faire croire, le cœur sur le portefeuille, que l’on se soucie des plus démunis, surtout si par-dessus le marché la crise mondiale s’en mêle. Lire la suite »
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Cauchemars parisiens
Posté le 24 mars, 2012 3 commentairesJe suis toujours vivant.
Il y a des jours où les poisses s’accumulent, où la vie patine à mort.
Je suis parti à Paris il y a six jours. J’en suis rentré plus vite que prévu, après un passage de 6:00 aux urgences de l’hôpital Saint-Antoine. Lire la suite »
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Intouchables, Pour qui?
Posté le 5 février, 2012 Pas de commentaires
Pour une fois, je laisse Sarkozy à Sarkozy (pour ce qu’il y a à en dire de ses réformes qui ne verront le jour qu’après les élections… Avis aux crédules et aux aficionados) et Bachelot à Bachelot (on parle moins d’accompagnement sexuel, donc elle n’a plus grand-chose à dire, et avec la crise son ministère « social » tourne au ralenti, pour la forme et pour la frime, il y a de moins en moins d’argent pour les pauvres…).Si, une chose anecdotique : Sarkozy fait son cinéma avons-nous appris dans les journaux. Il fait venir des figurants, et à sa taille, dans certains de ses déplacements pour avoir l’air moins seul. Unique regret : aucun journal n’a précisé combien ils sont payés, les figurants en question ; évidemment rien du tout, puisque c’est pour la bonne cause sarkozyste ? Lire la suite »
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Solidarités Sarkozyennes
Posté le 10 janvier, 2012 1 commentaire
Vous, je ne sais pas. Mais moi, j’en ai vraiment marre du Mickey de l’Élysée. Marre qu’ils nous prennent pour des gogos, des imbéciles, tout juste bons à avaler ses rodomontades, ses mensonges à visées électoralistes. Marre de son mépris de bourgeois fanfaronnant, de son dédain de roquet agité.Lui, d’origine hongroise, aura mené la politique de l’immigration la plus dure de la Ve République. Lui, le nanti de Neuilly-sur-Seine s’en est pris aux minorités, aux plus faibles, à la jeune délinquance, avec sauvagerie. Lui, le démagogue sans état d’âme ni charisme, la machine politique sans envergure ni empathie ne nous aura offert que des arlésiennes amères.
Je n’arrive pas à comprendre ce que ses partisans lui trouvent. Ça me passe par-dessus la tête. Sauf à aimer se faire rouler dans la farine.
Pour Nicolas Sarkozy, la France est un outil et les Français les instruments de sa soif inextinguible de pouvoir à tout prix et avant tout.
Mais maintenant, cerise sur le gâteau, il nous révèle de plus en plus ses très grands talents de comique. Ainsi, il va à Mulhouse le 11 janvier pour nous parler de solidarité ! Oui, vous avez bien lu : solidarité. L’homme qui n’est solidaire qu’avec lui-même et ses potes les hypertrophiés du portefeuille va nous parler de solidarité !
Donc, parlons-en de sa soudaine reconversion à un humanisme opportuniste et mensonger. Des exemples ? En voici :
- Expulsion des Roms (ils lui avaient fait quoi à part faire tâche dans son paysage de nanti et lui ramener des voix d’extrême droite ?). Solidarité !
- Non-respect de la loi du 11 février 2005 au détriment des personnes de plus de 65 ans censées bénéficier de la PCH aide humaine [prestation de compensation du handicap] en 2010. Avec les conséquences que l’on peut supposer pour certaines personnes âgées ayant des maladies invalidantes. Solidarité !
- Majoration de trois centimes du taux horaire de la PCH aide humaine, en emploi direct ! En ce début d’année, l’État nous octroie très généreusement 11,99 euros de l’heure au lieu de 11,96 ! Il est où le coût de la vie ? Comment encourager les gens à s’engager dans l’accompagnement à la personne à domicile dans ces conditions ? Comment les valoriser avec un tel salaire de misère comparé à la charge de travail, les responsabilités et le stress inhérents à ces professions ? Solidarité ! Les métiers de terrain du social sont encore frelatés par le culte (opportuniste) de la charité, de l’abnégation altruistepayent un peu de leur personne ces dames si généreuses (pour une fois que l’on de leur reproche pas…).
- La loi sur l’accessibilité, votée aussi le 11 février 2005, est réduite en miettes par une majorité totalement déconnectée de la réalité mais pas de ses intérêts électoralistes, faisant gravement régresser la France en matière d’accessibilité, donc d’inclusion. Solidarité ! Intouchables est un film très bien mais pas du tout exemplaire car il faut avoir la fortune du héros pour avoir le confort et l’autonomie qu’il a. Un exemple : je viens d’acquérir un nouveau fauteuil roulant électrique dont le coût est d’un peu plus de 27 000 € et, à ma charge, un peu plus de 4000 € : environ 16 % du coût total, alors que d’après la loi, toujours la même, il devait rester à ma charge au maximum 10 % de mes revenus nets qui sont de… 1000 € mensuels au mieux ! Faites le calcul. M. Pozzo di Borgo ne se posera même pas la question, il déboursera, normal et il a raison ; ce n’est pas une honte d’être riche, mais c’est honteux de payer sa précarité et de devoir mendier pour obtenir des matériels de compensation digne de ce nom. Solidarité !
- La chasse aux immigrés Africains renvoyés par charters entiers. Solidarité ! La répression de la délinquance juvénile qui n’a jamais été aussi dur que depuis l’ère Sarkozy. Il aura inventé la répression démagogique : un fait divers un peu gratiné = de nouvelles peines au compteur sarkozyste. Pour quel résultat ? Solidarité ! De telles mesures ne peuvent être le fait que d’un bourgeois qui a oublié de respirer l’air de la banlieue, de la misère et de l’injustice sociale, pour avoir une expérience de terrain. Car la solidarité, l’idée de la solidarité se cultive sur le terrain et se nourrit du terrain. Ce n’est pas dans le luxe et la volupté que l’on apprend à être solidaire des plus précaires, des plus fragiles, des plus démunis, c’est sur le terrain et en s’intéressant vraiment aux gens, aux humbles, pas en faisant semblant de s’y intéresser. Il n’y a pas de solidarité sans empathie. Vous savez ce que c’est l’empathie, Monsieur le Président ?
- Le nombre d’exclus du système de santé ne fait que s’accroître. Solidarité ! Le nombre de gens vivant dans des taudis insalubres loués par des propriétaires véreux s’accroît aussi. Solidarité ! Nous approchons les 5 millions de chômeurs ; alors que nous étions censés travailler plus pour gagner plus, nous travaillons moins pour gagner moins. Solidarité ! Il y a près de 3 millions de personnes en France qui souffrent de misère affective et sexuelle ; ça leur permet d’économiser l’énergie (il faut toujours voir les bons côtés) ; parmi elles des centaines de personnes en situation de handicap ; Roselyne Bachelot et ses affidés ont clamé que c’est important de prendre en compte la vie affective et sexuelle des « handicapés » mais pas suffisamment pour écorcher leur moralisme (d’ailleurs, Mme Bachelot, j’aimerais savoir ce que l’on fait des chômeuses, de plus en plus nombreuses, seules avec enfant(s), qui se prostituent de façon exponentielle depuis quelques mois pour survivre ? Solidarité !
Rien qu’en lisant ce catalogue à la Sarkozy, loin d’être exhaustif, on comprend le sens profond de la solidarité chez cet homme.
En fait, Sarkozy fera des cure-dents avec la solidarité et attention de ne pas se retrouver sur sa trajectoire lorsqu’il la recrachera, la solidarité, comme il l’a fait avec bon nombre de promesses. Un Français averti en vaut deux. Normalement.
Quant à moi, je me permets de suggérer à notre cher Président de proposer que les chômeurs se reconvertissent tous dans la prostitution. Non seulement, cela ne choquera personne comme la France est devenue un grand bordel mais, en plus, la balance commerciale sera excédentaire ! Les caisses de l’État pourront se remplir. Celles de la sécu également puisque l’État offrira à toutes ces travailleuses et à tous ces travailleurs courageux (au point de donner de leur personne) enfin une couverture sociale et un vrai statut professionnel. Que voilà une bonne idée bien séditieuse !
2012 année de la reconversion Sarkozyenne ?
Et l’apogée Bayrouiste ?
À bientôt
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C’est la crise ! Pour qui ?
Posté le 25 décembre, 2011 Pas de commentaires
Cette année le père fouettard porte très bien son prénom : Nicolas (Sarkostique Ier). Et on ne peut pas dire qu’on ne l’a pas cherché, ce fouettard-là. Durant ce quinquennat s’il y a un rôle qu’il a tenu à la perfection, c’est bien celui-là. Les caisses de l’État sont vides, archivides, et nous sommes la consternation politique de l’année, la risée et l’affliction diplomatiques. Après, entre autres et au hasard, la Tunisie (MAM chez Ben Ali), la Libye (Kadhafi chez Sarkozy), l’Europe de Merkozy, voici le père fouettard en Turquie ! Avec Sarko, ce qui est bien, c’est qu’il y en a pour tout le monde. Il a une qualité extrêmement rare, cet homme-là : distribuer sans compter. Du fric aux friqués et des leçons de morale à la terre entière ! Noël avec Nicolas, ce sont les claques à tours de bras et avec un angélisme d’une roublardise assez estomaquante par moment. Il nous aura tout fait cette année notre « petit Bush » national.Vous savez ce que je lui souhaite à notre cher Président ? De paraître dans le Guinness des records. Bien sûr, les siens, il n’y a pas vraiment de quoi en être fier. Mais quand même, ce sont des records. Il vaut mieux être parfois le roi des c… que rien du tout ! Lire la suite »
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Indignations et espoirs
Posté le 21 décembre, 2011 Pas de commentaires
L’autre jour, en passant sur Internet de quotidiens en hebdomadaires pour prendre des nouvelles du front socio-politique, je suis tombé sur un article de Peggy Sartre dans le Journal permanent du Nouvel Obs : « http://leplus.nouvelobs.com/contribution/222754;abolition-prohibition-pourquoi-veut-on-la-peau-des-putes.html ».Quel bonheur ! Qu’une femme ose écrire et assumer une position aussi ouvertement en faveur de la liberté sexuelle, donc aussi de la prostitution volontaire et libre, c’est un camouflet pour tous les anti. Dans son article, je trouve Peggy Sartre délicieusement iconoclaste. Une bouffée d’oxygène dans une atmosphère ambiante chargée d’intégrismes plutôt vindicatifs. Les Chiennes de Garde portent bien leur nom (comment peut-on s’appeler ainsi ? Un mec qui traite une femme de chienne est considéré comme étant un macho). Lire la suite »
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Handicap et prostitution
Posté le 7 décembre, 2011 2 commentaires
Le 7 décembre a eu lieu une manifestation, devant l’Assemblée nationale, contre l’interdiction de la prostitution en France, contre l’abolitionnite aigüe, le nouveau prurit politique. La moralisation est en route pour obtenir une résolution abolitionniste qui n’a qu’une valeur symbolique, en attendant pire. En quoi faut-il abolir pour mieux protéger les milliers de prostituées maltraitées et esclaves ? On voit ce que ça donne en Suède… De cette attaque, contre une entrave évidente à la liberté de faire de son corps et de sa vie ce que l’on veut, dépend aussi la reconnaissance du droit à l’accompagnement sexuel. Les deux causes sont très liées.Cette manifestation tombe à pic car ça y est, depuis le temps qu’on l’attendait, le rapport Chossy a été rendu au Premier ministre. Il s’intitule « Passer de la prise en charge… à la prise en compte ». Tout un programme. Si François Fillon le lit, je bouffe mon fauteuil roulant. S’il en fait quelque chose, je vais à la messe avec Roselyne Bachelot.
Car n’oublions pas la crise ! Mais quelle crise ? J’ai été stupéfait d’apprendre que le Téléthon a engrangé plus de 88 millions d’euros, plus que l’année dernière ! Où est la crise, qui est en crise ? L’État français, les banques et les rupins oligarchiques ? Quelque chose m’échappe ? En tout cas, la générosité n’est visiblement pas en crise, elle. Même si, personnellement, je suis contre le Téléthon, contre l’exposition d’enfants « handicapés » pour toucher à la corde sensible du portefeuille, je n’en suis pas moins époustouflé.
Ceci étant, revenons à nos moutons : accompagnement sexuel et prostitution, ainsi que le fameux rapport Chossy.
Ces deux causes auront au moins fait parler les radios. France Inter le 6 au matin, en compagnie de Christine et de Charly (très bien tous les deux), moi le 7 dans la matinale de Sud-Radio ─ où c’était du n’importe quoi : on m’avait parlé de 10 minutes d’interview et j’ai pu placer trois mots à un Ménard inculte en matière de handicap (confondant polyhandicap et plurihandicap) qui, visiblement, me prenait pour un gogol, comme le fait remarquer et le déplore Jean-François Chossy, le tout dans une émission racoleuse (sauf que ce racolage-là ne tombe pas sous le coup de la loi).
Et puis, cela a fait (re)parler Roselyne Bachelot sur le thème de… l’accompagnement sexuel, évidemment ! Elle est toujours contre, je suis toujours pour. Mais elle aura démontré qu’elle a lu le chapitre litigieux… Et, à ce que je sache, ses enfants et petits-enfants ne sont pas encore assistants sexuels, ça doit la rassurer, surtout avant Noël ! Malheureusement, elle n’a toujours pas été voir la vie qui revient dans les yeux des personnes qui peuvent en bénéficier de cet accompagnement spécifique qui, d’un point de vue juridique, est une forme de prostitution, qu’on le veuille ou non. Je me demande d’ailleurs pourquoi cela énerve certaines personnes que l’on dise que c’est une forme de prostitution ? Où est le problème ? Pour moi, il est dans le fait que ce soit toujours une honte de se prostituer librement et volontairement.
Quant à Jean-François Chossy, dans son rapport, il botte diplomatiquement en touche, d’après moi. Il laisse le bébé avec l’eau du bain à ses ex-collègues parlementaires. Tout en trouvant que l’on ne peut pas continuer à ignorer cette problématique humaine et humaniste, mais en estimant aussi qu’elle doit être exclusivement réservée aux seules « personnes lourdement handicapées », celles qui n’ont pas accès à leur zizi et à leur zèzette, les autres peuvent aller aux putes comme tout le monde (s’il y en a encore d’ici-là), se branler ou trouver chaussure à leurs pieds (s’ils en ont, des pieds).
Par parenthèse, je rappelle que Jean-François Chossy avait décidé de déposer une proposition de loi, demandant ce qu’on appelle une exception à la loi, au mois de juin dernier, afin de prémunir les personnes impliquées dans l’accompagnement sexuel de toute poursuite au titre de proxénétisme et/ou de racolage. Cependant, très opportunément ?, Jean-François Chossy a démissionné de son poste de député au mois d’avril ─ certes, les raisons invoquées n’avaient officiellement rien à voir avec cette cause très explosive mais ça tombait bien quand même… puisqu’il ne « pouvait » plus tenir sa promesse clamée haut et fort depuis l’année dernière (même dans la préface qu’il a faite dans mon dernier livre, paru en février)…
En politique, il ne suffit pas toujours, et même rarement, d’avoir des convictions, il faut aussi avoir du courage. Or, dans ce milieu, le courage est une denrée rare. Très rare. Même s’il n’est plus que Membre honoraire du Parlement, il est toujours dans la majorité. Et faut pas froisser la majorité à moins de cinq mois des élections…
Sarko a suffisamment de problèmes comme ça, s’il veut retrouver son trône sans trop se masturber la… cervelle. Ne vient-il pas d’avouer à un de ses proches que « La situation est grave, le pays a besoin d’union » ? Lequel proche c’est bien sûr empressé de glisser cette « inquiétude présidentielle » à l’oreille complaisante de journalistes, comme par hasard… Personnellement, je compatis. Je lui suggère même de créer son propre Téléthon, ça rapporte…
Néanmoins, la cause très controversée de l’accompagnement sexuel soulève plusieurs réflexions de ma part (une fois de plus), induites par ce rapport.
Tout d’abord, comme Jean-François Chossy, je défendais l’idée que l’accompagnement sexuel devait être réservé aux personnes qui n’ont pas accès à leur corps. C’était « mon argument irréfutable » à l’origine, lorsque j’ai lancé cette croisade avec ceux et celles qui la continuent maintenant sans moi à leur côté, étant redevenu franc-tireur entre-temps. J’ai avancé et défendu cet argument car je savais que c’était le seul qui pouvait être entendu, en pinçant le nez, par les bonnes âmes de ce pays, telles que Roselyne Bachelot ou l’armada de certaines associations féministes et cathos. Parce que, à force de fréquenter le milieu politique, j’ai très vite compris que pour être entendu il faut avancer par étapes ou, plus sûrement encore, en crabe. Demander peu pour entrouvrir la porte socio-politique pour, ensuite, pouvoir s’y engouffrer. Mais vous l’aurez compris, je ne suis plus d’accord avec cet argument. Par contre ─ Jean-François Chossy y fait allusion dans son rapport ─, je pense et je le répète : il faudra tôt ou tard permettre à toute personne souffrant de misère affective et sexuelle de bénéficier d’un accompagnement sexuel. Il y a 3 millions de personnes qui souffrent de ce mal en France. Ce chiffre n’interpelle pas ? N’est-il pas révélateur de l’état de déréliction de notre pays ? Et, nonobstant cette réalité qui interpelle, vouloir réserver l’accompagnement sexuel aux seuls impotents majeurs, c’est oublier, un peu facilement, que la majorité des personnes « handicapées » de ce pays sont dans un état de délabrement psychologique tel qu’elles sont incapables d’accéder à leur dimension libidinale sans aide (comme les 3 millions de « valides » précités), sinon elles s’en seraient sorties depuis longtemps de cette misère déshumanisante. Un très important nombre de personnes ayant un handicap sont désincarnées, dévalorisées et désubtancialisées, par des années d’assistanat et de maltraitance fréquemment (il en est probablement de même pour la plupart des personnes « valides », naturellement fragiles et sur-fragilisées par l’inhumanité d’une société néolibérale). Elles ont besoin d’un accompagnement spécialisé afin d’arriver progressivement à recréer du lien, à oser de nouveau tisser des relations, à redevenir humaines en somme.
Ce n’est pas légiférer qu’il faut pour préserver les personnes impliquées dans l’accompagnement sexuel de toute poursuite judiciaire, c’est respecter la liberté de chacun à jouir librement et volontairement de son corps. Dans une démocratie, il faut encadrer et protéger mais sûrement pas interdire lorsque cela relève de la liberté personnelle, et que celle-ci n’empiète pas sur celle de son prochain.
Par exemple, je viens d’être appelé par un médecin officiant dans un service de médecine palliative. Un de ces patients me raconte-t-il, un jeune homme atteint d’une maladie neurologique évolutive très grave, avait demandé à avoir une relation sexuelle avant de mourir. C’était son ultime vœu. Mais l’équipe a eu beau se démener pour trouver une solution, le jeune homme est mort sans avoir accédé à cette attente. Pourtant, officieusement, c’eut été possible. Encore aurait-il fallu que cette équipe médicale sache à qui s’adresser. Et que la société ne mette pas de freins à une liberté essentielle et à une souffrance indicible.
Qu’aurait dit Mme Bachelot et tous les intégristes du sexe devant une telle situation ? Ils l’auraient laissé crever avec sa frustration en recommandant son âme à Dieu, alors que des femmes auraient été prêtes à répondre à cette dernière volonté ? L’intolérance rend bête.
Ceci étant dit, je fais plusieurs constatations dans ce rapport qui finira dans un placard, comme tant d’autres. Pour quel coût ? Celui que j’avais fait en 2007 m’avait rapporté 10 000 € et n’a jamais servi à ce jour ! Et celui de Jean-François Chossy, combien lui rapporte-t-il pour terminer dans les archives ministérielles ? Il paraît que l’État français serait quelque peu déficitaire… Pourtant, il n’hésite pas à mettre une fortune dans des rapports qui ne servent à rien.
Quoi qu’il en soit, Jean-François Chossy déclare dans son rapport, avec raison, qu’il ne faut pas stigmatiser les personnes qui ont un handicap avec un vocabulaire inadéquat.
Pourtant, il emploie plusieurs fois l’expression « personnes lourdement handicapées ». C’est pas stigmatisant « lourdement » ? Il me semble que si. Cela fait penser à un « fardeau lourd, encombrant, malaisé à manipuler et qui cause de l’embarras », comme il l’écrit lui-même ! En tout cas, pour moi qui suis considéré comme étant « lourdement handicapé », ça l’est. Je préfère être une personne physiquement dépendante, par exemple, s’il faut absolument une étiquette. Jean-François Chossy estime que ce serait plus juste d’être une « personne handicapée en situation de… » Personnellement, je trouve que cela fait… très lourd aussi, comme formulation. De surcroît, autant j’ai un handicap, autant je ne suis pas handicapé. Sinon je ne serais pas qui je suis et je ne ferais pas tout ce que je fais… Jean-François Chossy préconise également « restriction de capacité » plutôt que « handicapé ». Je veux bien mais il me semble qu’une restriction de capacité n’est rien moins qu’une autre façon de parler d’incapacité et de les mettre en avant ? C’est sur les capacités qu’il faut insister si nous voulons changer le regard, car nous avons tous des capacités spécifiques ! En outre, Jean-François Chossy fustige très justement la fameuse RQTH [reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé], et il propose de remplacer cette qualification sibylline par RSTH [reconnaissance du statut de travailleur handicapé]. Très bonne idée mais pourquoi « reconnaissance » ? Pourquoi, lorsque l’on a un handicap, faut-il que la société nous reconnaisse un statut ou autre chose pour nous donner une sorte de « droit de libre circulation » dans notre société ? Un STH suffirait largement pour nous flécher. Enfin, il évoque « les mots blessants d’un autre temps », d’accord mais, une fois que le constat est fait, on en fait quoi ? On va taper sur les doigts des méchants ? Les mots blessants, comme la prostitution, existent depuis l’origine de l’homme.
Une dernière précision : autrement capable vient de l’île Maurice, pas du Québec. Quant à bannir les expressions « handicapé » et « en situation de handicap », je suppose que ce rapport était prévu pour le siècle prochain, au minimum ? De toute façon, s’il est primordial de faire un travail sémantique, il ne faut pas vouloir couper les cheveux en quatre et appeler un chat un chat. Je refuse de passer d’une extrême à l’autre. J’ai un handicap, que cela me plaise ou non, mais je ne suis ni lourd, ni une charge, ni dépendant, ni à intégrer. Avoir un handicap ne me pose aucun problème, être réduit à mon handicap me pose par contre un très grand problème.
Autres constatations.
Jean-François Chossy aborde toutes les formes possibles de maltraitance, sauf une : la maltraitance réciproque. Quand va-t-on arrêter de stigmatiser les professionnels ? Car la maltraitance est forcément le fait des seuls professionnels !… C’est grave. Comment avancer dans ces conditions sur un sujet aussi épineux ? Comment prétendre à une égalité et à la citoyenneté des personnes « handicapées » dans une telle conjoncture déséquilibrée d’entrée ? La maltraitance n’est pas que le fait des seuls professionnels. Une personne « handicapée » n’est pas un ange, c’est une personne avec ses qualités et ses défauts. Mais c’est bien plus pratique de « croire » que c’est un ange, ça permet de la désexualiser !
De plus, il plaide pour que l’on ne tienne plus compte des revenus du conjoint dans le calcul de l’AAH [allocation aux adultes handicapés]. En quoi il a mille fois raison. C’est totalement injuste, dévalorisant et déshumanisant. Comme il pose la question de savoir si ce serait judicieux d’aligner le RSA et l’AAH. Pour moi, la réponse est oui, sans conteste. Pourquoi une personne handicapée vaudrait-elle plus qu’une personne en fin de droit ? Ne sommes-nous pas dans une nation prônant l’égalité des droits et des chances ?
Ensuite, il constate le coût outrageusement élevé des matériels paramédicaux et médicaux. Ce que je dénonce avec force depuis des années, en vain. Par contre, je ne suis pas convaincu par la solution proposée par Jean-François Chossy. Il suggère une TVA réduite. On sait très bien ce que cela a donné dans la restauration. Qui a vu les prix baisser de façon conséquente ? Il faut contraindre les revendeurs de matériels paramédicaux (fauteuil roulant, commande d’environnement, etc.) à baisser leurs marges indécentes. Ça réduirait un peu le trou de la sécu. Ces revendeurs, pour la plupart, se repaissent sans états d’âme de la misère humaine. Exemple, je viens de recevoir un nouveau fauteuil roulant électrique d’origine suédoise, il coûte plus de 27 000 € !, alors qu’en Suède il vaut au minimum moitié moins.
Enfin, Jean-François Chossy fait remarquer qu’on « peut s’inquiéter que l’aide-ménagère ne soit pas repérée comme étant un moyen de compensation pris en compte par la PCH, alors que c’est une nécessité vitale dans certains cas et utile dans tous les cas ». C’est réclamé depuis des années par toutes les associations. Mais c’est la première fois, à ma connaissance, qu’un ex-député l’écrit noir sur blanc.
Au final, rien de nouveau dans ce rapport de 127 pages, rien que l’on ne savait déjà, que le gouvernement ne savait déjà, ce qui ne l’a pas empêché d’y rester indifférent. On ne voit pas pourquoi, brusquement, il aurait des élans de générosité et de lucidité. Ce rapport ressemble bigrement à de la poudre aux yeux, à un leurre.
Très bonnes fêtes de fin d’année à tous mes visiteurs et à l’année prochaine
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J’ai été un fraudeur
Posté le 20 novembre, 2011 Pas de commentaires
Franchement, ils ne peuvent pas ne pas y avoir pensé. C’est impossible. Ou alors ils sont cons (ce qui n’est pas totalement exclu non plus, les connaissant). Pour l’instant, je me convaincs que c’est de la pure et abjecte démagogie aux relents d’extrême droite.Vouloir faire travailler les bénéficiaires du RSA ! Les obliger à faire sept heures de travaux d’utilité publique pour leur bien. On croit rêver.
Et pour quel genre de travaux ? Balayer la rue, nettoyer les caniveaux, désherber les jardins publics, faire le ménage dans des lieux publics ? C’est très valorisant et motivant et stimulant et responsabilisant ? En un mot, c’est génial ! C’est l’idée du siècle. L’idée de quelques mecs qui n’ont jamais été au chômage.
Le remède risque d’être pire que le mal. À plus d’un titre.
D’une part, ces chômeurs longue-durée, hors circuit, désocialisés, risquent fort de faire cette corvée mensuelle, cette punition pour mauvais citoyens, avec très peu d’entrain, donc mal ou médiocrement. D’autre part, leurs employeurs, très probablement et majoritairement les collectivités locales et la fonction publique, pourraient être tentés d’abuser de cette manne sarkozyste afin de leur faire effectuer les basses besognes et, dans le même temps, d’oublier d’embaucher… Pourquoi se gêner ? C’est gratuit. Même si ce n’est pas forcément compétent et enthousiaste, c’est gratuit cette nouvelle forme d’esclavage humiliante qui se veut éducative et intégrative.
Après la chasse à la gabegie, nous allons vers la chasse aux fainéants ! Vive la droite néolibérale et amoureuse de son aile extrême. Il fallait un responsable à ses incompétences gestionnaires, il est trouvé : le chômeur de longue durée et de préférence arabe ou, a minima, coloré…
Quelle immoralité ! Quelle bassesse ! Petit Sarko la joue petit bras. Une fois de plus.
Et, pendant qu’il y est, il veut aussi faire la chasse aux fraudeurs dans le champ des prestations sociales. Il n’y a pas de petites économies pendant une crise. Une crise de quoi d’ailleurs ? De puberté politique ? Je préfère en rire. Car, en matière de congé de maladie, il faut la complicité du médecin pour frauder… Par conséquent, avant de pointer du doigt le « tire-au-flanc », il faudrait peut-être commencer par le commencement. Et puis ça ne ferait pas de mal de réfléchir aux raisons profondes du mal, cher Sarko. Pourquoi autant de congés de maladie ? Pas votre problème Monsieur le président des riches. Travailler plus pour gagner moins et en prime dans des conditions inhumaines, dégradantes, indignes et humiliantes, c’est une des seules réussites de votre quinquennat… Dans ces conditions, souvent, il n’y a que les congés de maladie, hélas…
Vos services sont-ils seulement capables, dans une telle conjoncture, de déterminer exactement le nombre d’authentiques fraudeurs ? Évidemment que non.
Je vais vous faire une confidence, Monsieur le moralisateur qui a détourné des commissions occultes, couvert des montages financiers illicites et qui prend aux pauvres pour donner aux riches : j’ai été un fraudeur. Il y a quelques années, j’ai menti à la CAF pour ne pas perdre mon allocation aux adultes handicapés [AAH]. En ce temps-là, et encore aujourd’hui, cette allocation n’était pas cumulable avec les revenus du travail et imposable. Même ceux de la conjointe ou du conjoint sont pris en compte dans le calcul de cette allocation inférieure au seuil de la pauvreté (comme toutes les allocations). De telle sorte que la personne « handicapée », dont c’est le seul revenu d’existence, et qui a la chance de rencontrer l’amour et de vivre en couple, eh bien cette personne se voit doublement pénalisée. Non seulement, elle sera plus ou moins dépendante physiquement de sa conjointe ou de son conjoint, en fonction de son taux d’invalidité, mais, de surcroît, financièrement, puisque les revenus professionnels de la conjointe ou du conjoint vont être pris en compte dans le calcul de cette allocation. Cette double dépendance, cette double peine, cette double punition, est profondément humiliante. Pour les deux partenaires qui plus est. J’ai donc, comme beaucoup d’autres, en ce temps-là, déclaré ma compagne comme étant ma colocataire.
J’aurais préféré et je préférerais toujours que cette allocation soit cumulable et imposable. Payer des impôts plutôt que de mendier de quoi vivre, c’est cela être citoyen et avoir un traitement égalitaire. C’est cela la justice sociale.
Comme il serait bien plus juste de n’avoir qu’un minima social pour tout le monde. Au nom de quoi certains miséreux valent mieux ou plus que d’autres ?
En tout cas, à l’époque, j’ai refusé cette humiliation-là, cette humiliation de trop pour moi. J’ai donc menti. J’ai fraudé. Je n’en suis pas fier mais je n’en ai pas honte non plus. Face à la bêtise étatique, on s’en sort comme on peut. L’injustice sociale n’a que ce qu’elle mérite. Toutefois, rassurez-vous, je suis retourné dans le droit chemin… J’ai perdu ma compagne et j’ai trouvé du travail (il n’y a aucune corrélation entre les deux, heureusement). Je gagne ma vie. Pas assez encore pour payer des impôts mais ça viendra, je vous le promets, je vais être un citoyen modèle. Juré, craché. D’ailleurs, l’Élysée pourrait me commander une formation, ça ferait d’une pierre deux coups : je me ferai du beurre et vous et votre personnel, vous prendriez de la graine. Je suis même prêt à vous faire un prix d’ami, comme il y a la crise. C’est dire mon sens des responsabilités… Un « handicapé » responsable, vous vous rendez compte ! Il y a du Lourdes dans l’air. Profitez-en.
Car la justice sociale n’a jamais été votre souci, votre tasse de thé, ni votre intérêt d’ailleurs. Donc, si je vous l’offre sur un plateau, il ne faut surtout pas hésiter. Ce ne sera pas Noël tous les jours.
Une dernière chose, Nicolas, nous sommes nés à 15 jours d’intervalle (tu parles d’un cadeau) et sous le même signe astral : le Verseau. Malheureusement, tu n’as rien de prométhéen (je me permets le tutoiement car c’est entre nous), tu es plutôt du genre priapique mental… Tu me diras, personne n’est parfait. Certes. Néanmoins, il y en a tout de même qui le sont un peu plus que d’autres. Ça contrebalance, ça équilibre certaines inégalités, n’est-il pas.
Cela étant dit, redevenons sérieux.
Je suis inquiet à l’approche des élections présidentielles. Très inquiet. Comme c’est parti, il y a des chances que tu rempiles. En reprendre pour cinq ans, quel cauchemar !
Mais si François Hollande continue sur sa lancée actuelle, ce sera du tout cuit pour vous/toi.
Le pacte PS/Les Verts, c’est franchement n’importe quoi. Areva siffle et Hollande se couche, grosso modo. Vive la république ! Quelques dizaines de milliers d’emplois contre des dizaines de milliers de morts peut-être un jour ! Chapeau. Quel deal ! Cécile Duflot a troqué ses exigences contre un arrondissement parisien, une tête de liste. C’est ce qu’on appelle vendre son âme au diable, changer d’avis comme de chemise et retourner sa veste (du bon côté, chantait Jacques Dutronc). Comment voulez-vous voter pour ça ? Je peux pas. Moi, je peux pas.
C’est pas sérieux. On retire un paragraphe dans le pacte et on le remet, on cède à Areva, aux lobbys nucléaires et on veut faire croire qu’on a l’autorité d’un présidentiable. À d’autres. Ça sent le Obama français, je vous le dis. Vous me répondrez, c’est mieux que d’en reprendre pour cinq ans. Et vous aurez raison. Mais quand même. Nous sommes en droit d’espérer mieux. Un peu d’exigence ne nuit pas, surtout avec le régime basses calories qu’on nous promet.
Et puis, je suis désolé mais c’est pas très clair, l’histoire des 60 000 postes dans l’Éducation nationale. C’est quoi très exactement, ces 60 000 postes. Pour l’instant, on n’en sait rien. Et la droite en profite allègrement.
François Hollande était hier à Strasbourg pour haranguer les jeunes socialistes. Et on en sait pas plus sur ces 60 000 postes.
J’aimerais prendre des vacances. Mais pour cela, il faudrait que je fraude, car je n’ai pas les moyens de partir au soleil en cette saison (sauf si quelqu’un peut me mettre en relation avec Bettencourt ou Takieddine), Ben Ali, Kadhafi et consorts, c’est râpé pour moi, j’arrive toujours trop tard dans les bons coups. Ça m’apprendra à être encore trop honnête par les temps qui courent…
À bientôt




